Quelle vision pour Obernai en 2025 ?

Obernai en 2025 sera ce que nous décidons aujourd’hui d’en faire.

Vélobernai a imaginé deux scénarios, selon qu’un plan vélo ambitieux est mis en place ou non.

Il s’agit de la journée de Liesele et Seppele, deux habitants d’Obernai en 2025. Ils vivent chacun dans une petite résidence à un bout d’Obernai, et travaillent dans une petite entreprise à l’autre bout. Ils ont chacun une voiture et un vélo.

Alors, êtes-vous plutôt Liesele ou Seppele ? Quel avenir souhaitez-vous pour votre ville ? Utilisez-les les boutons pour donner votre avis.




Liesele

Chaque matin Liesele part au travail. En sortant de son immeuble, elle débouche dans le parking et saute dans sa voiture. Elle a bien un vélo, mais il est à la cave et pour le sortir il faut le porter dans un escalier et franchir deux portes blindées en tenant le vélo d’une main et la porte de l’autre. Ca ne donne pas envie.




Seppele

Chaque matin Seppele part au travail. En sortant de son immeuble, entouré de verdure où les enfants peuvent jouer, il accède directement au local vélo sécurisé de plein pied. Sa voiture est un peu plus loin, il faut marcher une centaine de mètres jusqu’au parking.

En chemin elle dépose ses enfants à l’école. Chaque matin c’est la cohue, 200 voitures veulent toutes s’arrêter pile devant l’entrée de l’école, au milieu d’enfants qui courent dans tous les sens. Bon il n’y a pas le choix alors elle fait comme tout le monde, elle stationne sur le trottoir. Qui pourrait la blâmer. Elle a bien pensé à laisser les enfants aller seuls à l’école, ce n’est pas loin, mais elle a bien trop peur des voitures (histoire vraie: plusieurs parents nous ont rapporté emmener leurs enfants à l’école en voiture par peur des voitures).

En chemin il dépose ses enfants à l’école. Le grand l’accompagne avec son propre vélo, parfois il y va aussi tout seul, il aime bien ce moment de liberté avec les copains. Le petit s’installe sur le siège enfant. Devant l’école Seppele en profite pour bavarder un peu avec les autres parents, il a le temps.

Ça l’a mis en retard. Elle fonce ensuite vers son travail. C’est pratique, il y a de grandes lignes droites bien larges où on peut se lâcher pour évacuer le stress de l’école. Il y a bien un panneau 30 très discret mais on voit bien qu’il n’est pas fait pour être respecté et il n’y a jamais de contrôle, alors elle fait comme tout le monde. Elle a bien essayé une fois de faire le trajet à vélo mais elle s’est fait klaxonner, insulter, et pousser dans le caniveau pour lui faire passer l’envie de recommencer (si vous circulez à vélo à Obernai, vous savez que c’est le quotidien des cyclistes).

Il pédale jusqu’à son travail. Il passe dans des petites rues où l’espace est partagé. La vitesse est naturellement réduite par une voirie qui n’incite pas à accélerer et les automobilistes restent derrière les cyclistes, Seppele se sent libre et en sécurité. Il passe aussi le long de grands axes où il est protégé du flot de la circulation. Il lui arrive parfois de faire un petit détour pour profiter d’une piste cyclable particulièrement bucolique dans les vignes ou le long de l’Ehn.

Au travail elle se gare sur un grand parking, il faut parfois marcher un peu au milieu des voitures car le parking occupe un hectare (400 employés, 25m2 par voiture, précedemment une excellente terre agricole). Elle n’y laisserait pas son vélo car il n’y a qu’un râtelier où on ne peut pas attacher le cadre, et il faut enjamber les poubelles pour y accéder (histoire vraie, vu à Obernai). Et puis la fois où elle est venue à vélo, tout le monde s’est moqué d’elle.

Arrivé en pleine forme au travail, il dépose son vélo dans le local sécurisé devant l’entrée. Il y a un local pour se changer lorsqu’il doit sortir son costume-cravate, et une douche pour les jours de grande chaleur. C’est lui qui prépare les réunions clients car ses collègues automobilistes sont parfois en retard, coincés dans les bouchons.

Le soir sur le chemin du retour elle fait souvent un crochet vers le supermarché qui a aussi un grand parking. C’est un détour mais pour aller dans les commerces du quartier il faudrait chercher une place. Parfois elle passe aussi chez le médecin. Avant il était au centre et elle y allait à pied, mais maintenant tous les médecins se sont déplacés en périphérie dans un immeuble entouré de parkings.

Sur le chemin du retour, il s’arrête à la boulangerie, à l’épicerie et à la fromagerie. De temps en temps il passe au supermarché faire les grosses courses de la semaine. Il peut y attacher son vélo sur des arceaux devant la porte, et il range ses 30kg de courses dans son caddie tracté. C’est pratique, pas besoin de charger et décharger plusieurs fois, ça va directement de la caisse à la cuisine.

De retour à la maison elle souffle enfin. Elle est fatiguée. Mais elle est bien obligée d’aller travailler pour pouvoir payer la voiture. Heureusement elle pourra aller faire un peu de vélo dans les vignes ce dimanche.

Le soir il se met à réfléchir. Sa voiture ne bouge plus très souvent. Il l’utilise principalement pour partir en week-end quand il n’y a pas de train, et pour transporter des charges lourdes. Mais pour ça, un service de taxi-colis en vélo cargo vient de se mettre en place à Obernai. S’il revendait sa voiture, il aurait de quoi payer une voiture de location pour les vacances, et il lui resterait largement de quoi louer une jolie maison au bord de la mer pour l’été.








Alors, êtes-vous plutôt Liesele ou Seppele ? Comment imaginez-vous votre ville en 2025 ?