Questionnaire Mobilité
Nous avons envoyé notre Questionnaire Mobilité 2026 à tous les candidats aux municipales d’Obernai. Voici sur cette page la synthèese et l’analyse de leurs réponses.
AG: Angélique Gasmi, liste « Nouveau souffle pour Obernai »
IS: Isabelle Suhr, liste « Obernai, engagés pour l’avenir »
RC: Robin Clauss, liste « Obernai, notre coeur bat ici »
AG et RC ont répondu au questionnaire. IS n’a pas souhaité répondre.
Pour les candidats n’ayant pas répondu en tout ou partie au questionnaire, nous nous basons sur les informations disponibles sur leurs sites de campagne.
Les commentaires de Vélobernai sont en italique.
En résumé:
Tous les candidats déclarent vouloir promouvoir les mobilités douces, une idée à la mode et bien vue des électeurs, mais avec des degrés de crédibilité du discours très divers.
Tous les candidats semblent réaliser qu’une politique de mobilité globale et cohérente est indispensable, ce qui serait une nouveauté bienvenue à Obernai.
Nous espérions des précisions de la part des candidats sortants au sujet du désastre du plan vélo, mais aucun n’a souhaité s’exprimer sur le sujet.
AG: Une réelle volonté de soutenir les mobilités douces et une bonne compréhension des enjeux, en particulier en ce qui concerne la pédagogie et la sécurité. Des réponses très détaillées et concrètes pour définir une politique de mobilité. L’accent est mis sur la concertation avec les usagers pour faire remonter les besoins et les problèmes, et des actions ponctuelles simples et efficaces plutôt que des gros travaux de prestige.
IS: Dans le droit fil du dernier mandat, le soutien aux mobilités douces semble n’être qu’une opération de communication destinée à cacher l’augmentation de la dépendance à la voiture. L’absence de réponse au questionnaire mobilités au motif que « vos questions nécessitent une véritable réflexion » est surprenante, l’actuel adjoint aux mobilités étant numéro deux de la liste. Est-ce à dire que cette réflexion n’a pas eu lieu au cours des six dernières années ?
RC: Une vision de la ville centrée sur l’humain. Le volet mobilité est assez peu développé, mais les enjeux semblent bien compris, avec une volonté affichée de calmer le trafic. Des parkings relais en entrée de ville sont envisagés pour alléger le trafic de transit. Des travaux sont envisagés pour corriger les points noirs majeurs causés par les aménagements de ces dernières années et pour résorber les problèmes de continuité, avec de petits ajustements réguliers plutôt que de gros chantiers bloquants
1. La vision
Les trois candidats déclarent souhaiter réduire les nuisances de la voiture individuelle et offrir des alternatives sûres pour tous. L’idée qu’une politique de mobilité cohérente doit être mise en place semble faire son chemin.
AG: « Notre ambition est de construire une ville où chaque mode de déplacement dispose d’un espace sûr et adapté, favorisant le vélo, la marche et les transports collectifs. Nous voulons réduire la dépendance à la voiture, fluidifier le trafic et limiter les nuisances, tout en garantissant l’accessibilité pour tous. La mobilité doit être pensée de manière cohérente, intégrée à l’urbanisme et aux besoins quotidiens des habitants et des visiteurs. Enfin, chaque projet sera élaboré avec transparence et concertation, pour une ville plus agréable et plus durable. »
Une réelle politique de mobilité, prenant en compte les besoins et la cohérence avec la politique d’urbanisme. Mais avec quelques incohérences, par exemple fluidifier le trafic semble incompatible avec réduire la dépendance à la voiture.
IS: « Nous défendons une politique de déplacements basée sur l’équilibre, le bon sens, la sécurité. Développer les mobilités douces, oui, mais sans opposer les usagers, et en tenant compte des réalités du quotidien. Notre ambition est de structurer une vision globale en élaborant un schéma local des déplacements pour faciliter l’accès au centre-ville, améliorer le stationnement et offrir de vraies alternatives à la voiture. »
Cette vision « oui mais » semble porter un peu tout et son contraire. Plusieurs tournures nous interpellent :
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- « le bon sens » : ce terme fait peur car dans le domaine de la mobilité, « le bon sens » a souvent tort et conduit à l’inverse du résulat souhaité.
- « sans opposer les usagers » : c’est une calembredaine qu’on avait plus entendu depuis au moins dix ans et qui revient à imposer la loi du plus fort. Bien sûr qu’il faut opposer les usages (pas les usagers). La seule chose qui empêche le développement du vélo et de la marche, c’est l’omniprésence de la voiture. Sans un partage de l’espace public, il ne peut pas y avoir de mobilités douces.
RC: « Flux de circulation apaisés pour rendre la ville plus agréable », « Une ville qui donne envie de flâner », « faisons de notre ville un espace vivant »
Une vision de la mobilité centrée sur l’humain. Peu de détails concrets sur une politique de mobilité, mais on peut imaginer qu’une démarche partant de cette vision aboutisse à une politique d’apaisement et d’inclusion. Une volonté d’apaiser le trafic au centre-ville.
2. Les aménagements cyclables
AG: Evaluer les aménagements existants pour corriger les points les plus problématiques. Un plan de circulation cohérent et hiérarchisé. Lever les freins pratiques et mener des actions de pédagogie.
IS: Revoir les aménagements jugés dangereux comme le carrefour de la rue des Bonnes Gens ou la rue de la Victoire.
RC: Revoir certains aménagements issus du plan vélo qui ont montré leurs limites en matière de sécurité. Apaiser la circulation et sécuriser les déplacements du quotidien.
3. Les trottoirs
AG: Corriger les trottoirs abîmés pour qu’ils soient praticables et accessibles à tous. Sécuriser les itinéraires piétons du quotidien en commençant par les lieux de vie les plus importants (écoles, commerces, etc).
IS: Penser chaque réaménagement de rue pour les piétons, les personnes à mobilité réduite, les parents avec poussette et les cyclistes. Améliorer l’accessibilité des trottoirs, sécuriser les cheminements piétons et apaiser la cohabitation.
RC: Pas de détails concernant les trottoirs, mais la mise en avant d’une ville qui donne « envie de flâner », ce qui implique des trottoir praticables.
4. Le trafic automobile
AG: Parkings relais modulables, plan de circulation avec hiérarchisation des axes, mesurer les nuisances (bruit, pollution) pour ajuster les réponses. Un plan de mobilité global pour organiser les flux de manière cohérente à l’échelle de la commune et de son bassin de vie.
IS: N’aborde pas le sujet.
RC: N’aborde pas le sujet.
5. Le Pass’O
AG: Souhaite poursuivre la gratuité. Développer les liaisons intercommunales pour réduire la circulation de transit et le trafic global, en coordination avec le plan de circulation
Nous partageons cette analyse, le Pass’O ne doit pas être pensé en isolation mais être pensé comme un élément d’un plan de mobilité global.
IS: N’aborde pas le sujet.
RC: Souhaite poursuivre la gratuité. Pour ce qui est des liaisons intercommunales, analyser les retours de l’extension vers Niedernai et Bernardswiller, avant d’envisager d’éventuels développements supplémentaires.
L’extension vers Niedernai et Bernardswiller est expérimentale avec un service réduit. Il ne semble pas très pertinent de se baser sur cette expérimentation pour évaluer ce que pourrait être un service intercommunal de grande ampleur.
6. Pour les visiteurs
AG: Un ensemble de solutions adaptées selon le type et la distance : parkings relais, navettes, vélos, cheminements piétons sécurisés.
Cette vision globale des déplacements est indispensable.
IS: Pouvoir accéder en voiture au marché au pied des remparts.
L’idée qu’on puisse accéder au marché autrement qu’en voiture ne semble pas être envisagée.
RC: Les mobilités douces (marche, vélo…) facilitent l’accès aux commerces.
Une vision qui va dans le bon sens, mais pas de propositions précises.
7. Pédagogie et accompagnement
Les trois candidats souhaitent le développement de stationnements vélo sécurisés.
AG: Pour une maison du vélo qui centralise et coordonne tous les projets autour du vélo. Une politique volontariste de pédagogie aux usages et aux bienfaits de la marche et du vélo.
IS: N’aborde pas le sujet.
RC: Rien sur une possible maison du vélo. L’idée de pédagogie se résume à stigmatiser les utilisateurs de trottinettes.
8. Les implications de l’urbanisme sur la mobilité
AG: Chaque projet d’aménagement ou de construction doit être lié à ses impacts sur la mobilité. L’urbanisme est un levier majeur pour orienter les besoins de mobilité et réduire la dépendance à la voiture. Chaque projet d’aménagement ou de construction sera évalué selon son impact sur les déplacements quotidiens
IS: N’aborde pas le sujet.
RC: N’aborde pas le sujet.
9. La concertation
AG: Échanges réguliers avec les associations, consultations et réunions publiques pour intégrer les retours des habitants, transparence sur les budgets, études et évaluations.
IS: Je m’engage à travailler sur les sujets que vous soulevez et à partager avec vous l’avancée de ma réflexion.
C’est une vision de la concertation à sens unique. Nous pensons au contraire que c’est la force de l’intelligence collective, prenant en compte les compétences des associations et les retours d’expérience des utilisateurs, qui permettra de construire une politique de mobilité bénéfique à tous.
RC: Souhaite des relations apaisées avec les associations.

